Les biais cognitifs comme influenceurs de choix

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Les biais cognitifs comme influenceurs de choix

Comment prendre une décision et surtout LA bonne décision ? Est-on 100% libre de décider, c’est-à-dire en toute conscience, sans jugement ni préjugé ? Rien n’est moins sûr. Pourquoi ? Parce que notre libre-arbitre est, quoi qu’on en dise, influencé par ce qu’on appelle des « biais cognitifs ».

Autrement dit, une distorsion entre la réflexion et la réalité. Pour faire simple, un biais cognitif est un schéma de pensée trompeur et faussement logique.

Il existe plus d’une vingtaine de biais cognitifs. Ils sont en général inconscients et agissent en sous-marin pour venir influencer nos choix, nos décisions, en particulier lorsqu’il faut gérer une quantité d’informations importantes ou que le temps est limité.

Nicolas Dugay, conférencier et Thomas Duc, Brand content manager, nous en disent plus sur les 6 biais cognitifs qui influencent le plus nos décisions. En avoir conscience serait donc déjà un grand pas vers l’objectivité…

Biais numéro 1 : le biais de Zajonc

Ce biais est appelé aussi « effet de simple exposition », car il est caractérisé par l’exposition répétée du sujet à un objet ou à une personne. Le principe est simple : plus nous sommes en contact avec un objet ou une personne et plus nous avons de chance de développer un sentiment positif à son égard. Et pour cause, nous sommes toujours davantage en confiance avec ce qui nous est familier qu’avec ce qui nous est méconnu.

Biais numéro 2 : le biais de l’excès de confiance en soi

Avoir confiance en soi n’interdit pas de rester à l’écoute de ses doutes. Lorsque l’on se laisse envahir par un excès de confiance, nous risquons de perdre notre lucidité. N’oublions pas que la vie est par essence incertaine, que l’inattendu reste tapi dans l’ombre prompt à surgir quand on s’y attend le moins. Alors si avoir confiance en soi est une qualité recherchée, avoir trop confiance en soi nous fait perdre le sens des réalités.

C’est le cas par exemple du trader qui, fort de son expérience et de sa réussite, va se surestimer, se fermer aux influences extérieures et va finir par faire un mauvais placement ! Restons humbles, à l’écoute, envisageons l’inenvisageable, apprenons de nos erreurs pour sécuriser nos prises de décisions.

Biais numéro 3 : le biais de confirmation et le biais du champion

Nous avons tous des croyances, des préjugés, des idées préconçues n’est-ce pas ? Partant de cet état de fait, lorsque nous sommes confrontés à un choix, nous allons naturellement pencher vers la solution qui vient conforter nos idées reçues. Malgré les évidences, nous accorderons plus de crédit aux hypothèses qui nous arrangent, qui nous séduisent, dans lesquelles nous croyons. Ce biais de confirmation agit indépendamment de nos capacités manifestes de réflexion.

Par exemple, si vous avez toujours été un fervent défenseur du travail en présentiel, vous chercherez des palliatifs au télétravail même si cela apporterait davantage de flexibilité et de productivité à vos salariés.

Dans le même esprit, le biais du champion renforce la confiance que nous avons en un individu. Nous avons tous une idole, un mentor, quelqu’un dont nous admirons le charisme, le talent, l’esprit novateur ou le leadership. Même si cette personne se fourvoie, le biais du champion nous incitera à le soutenir voire à suivre ses idées.

Biais numéro 4 : le biais du cadrage serré

Face au nombre illimité d’options, de solutions, de cas de figure, notre esprit va inconsciemment se borner à quelques possibilités. La formulation d’une question ou d’une problématique va donner une orientation à la réponse apportée. Le biais de cadrage serré va être d’autant plus fort que la formulation d’une question sera fermée.

En négociation, ce biais est trompeur car il nous pousse à « remporter la victoire » sur l’autre en oubliant que l’accord « gagnant-gagnant » est souvent de mise. Pour contourner ce biais, il est important de solliciter sa curiosité et son esprit créatif pour explorer le champ des possibles. Songez à questionner votre interlocuteur pour connaître l’intention sous-jacente à sa demande.

Biais numéro 5 : le biais des émotions immédiates

Ici la distorsion entre la réflexion et la réalité dépend de facteurs émotionnels.

En prise à nos émotions (colère, peur, joie etc), nous serons dans l’incapacité de prendre une décision rationnelle, objective. Aujourd’hui, le rôle des émotions est étudié et davantage connu dans le processus de décision et dans les comportements. Nous pouvons apprendre à gérer nos émotions, apprendre à ne pas réagir dans l’instant et apprendre à faire preuve de recul et de patience.

Biais numéro 6 : le biais de l’intuition

Si l’intuition devient une aptitude qu’il est important de développer, elle peut être dangereuse en matière de décisions stratégiques. Prenons l’exemple d’un recruteur : s’il ne se fie qu’à son intuition face à candidat, il risque de mal évaluer ses compétences et leur adéquation par rapport au poste de travail proposé. Gary Klein, psychologue et chercheur, parle alors de « domestiquer » son intuition pour « prendre des décisions permises par l’expertise et la connaissance du terrain ».

En résumé :

  • Un biais cognitif est un schéma de pensée qui influe sur notre capacité à porter un jugement ou à prendre une décision.
  • Biais de Zajonc : plus nous sommes en contact avec un objet ou une personne et plus nous avons de chance de développer un sentiment positif à son égard.
  • Biais d’excès de confiance en soi : nous fait prendre de mauvaises décisions par manque de lucidité.
  • Biais de confirmation : lorsque nous sommes confrontés à un choix, nous allons naturellement pencher vers la solution qui vient conforter nos idées reçues.
  • Biais du champion : renforce la confiance que nous avons en un individu.
  • Biais de cadrage serré : notre esprit va inconsciemment se borner à quelques possibilités ciblées dans le champ des possibles.
  • Biais des émotions immédiates : la distorsion entre la réflexion et la réalité dépend de facteurs émotionnels.
  • Biais de l’intuition : en milieu professionnel, l’intuition peut nous jouer des tours.

 

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