Neurolearning : les 4 filtres à l’apprentissage

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Neurolearning : les 4 filtres à l'apprentissage

Et si l’on pouvait apprendre à apprendre ? Mais qu’est-ce que l’apprentissage en fin de compte ?

Tout simplement un ensemble de mécanismes menant à l’acquisition de savoir-faire, de savoirs ou de connaissances. Cette acquisition s’inscrit efficacement dans la mémoire, prouvant que « nous savons faire » ou que « nous savons ».
Et pour apprendre efficacement, il existe des filtres qui sont interdépendants les uns des autres. Il s’agit de la motivation, de l’attention, de la compréhension et de la mémoire. Si un maillon de la chaîne fait défaut, l’apprentissage ne pourra s’inscrire efficacement dans le cerveau. Comment pourrions-nous comprendre ce texte sur l’apprentissage que nous sommes en train de lire si notre attention était portée sur le programme du week-end ? Et comment pourrions-nous être attentifs à ce texte si nous n’avions aucune motivation pour apprendre de manière efficace ? Il est certain que les activités du week-end seraient beaucoup plus enthousiasmantes et dignes d’attention. S’il est facile de lire un texte sans le comprendre, il est quasi impossible de le mémoriser. Ajoutons à cela, quelques émotions parasites et c’en est fini de nos acquisitions !

Pour bien comprendre (puisqu’on en parle !) en quoi consistent ces filtres, nous allons les détailler un à un.

Filtre 1 – La motivation

On pourrait définir la motivation comme une source d’énergie qui pousse quelqu’un à agir. Cette force mentale nous met en mouvement. Elle nous pousse à mobiliser, avec effort et persévérance, nos ressources physiques et psychiques en vue d’acquérir des connaissances ou des savoir-faire nouveaux.

Les sources de la motivation :

– La première source de la motivation est la propension qu’a notre organisme à satisfaire des besoins et des désirs pour ressentir du plaisir.

Il existe 3 besoins innés : l’autonomie, la compétence et l’appartenance sociale.

En matière d’apprentissage, il a été démontré qu’apprendre par plaisir accroît la performance. Il a également été relevé que répondre à son besoin d’autonomie favorise la détermination et la motivation aboutissant à de meilleurs résultats.

– Le jeu des récompenses.

Une récompense efficace et motivante valorise la performance quand elle répond aux besoins d’autonomie et de compétence.

Une méthode d’apprentissage de qualité permet de laisser émerger notre sens de l’engagement. En somme, plus la formation aura du sens, plus elle mènera vers l’autonomie, plus elle sera ludique, plus elle valorisera les efforts de l’apprenant et mieux nous gagnerons en motivation et en résultats. Si elle est construite de manière à ce que nous récoltions régulièrement de petits gains à court terme, la motivation sera entretenue, l’apprentissage d’autant plus facile et l’acquisition efficace.

Les freins à la motivation :

En matière d’apprentissage, les freins sont aussi puissants que les forces qui nous poussent à accroître nos connaissances et savoir-faire. En effet, l’attention mentale requise nécessite une bonne dose d’énergie. Et qui dit dépense d’énergie dit besoin de récupération. Ainsi, malgré la meilleure volonté du monde, toute intention est vouée à osciller entre des hauts et des bas. C’est le principe d’équilibre qui régit la biologie humaine. Et c’est ce principe qui vient nous mettre des bâtons dans les roues. Dame nature nous a conçu pour avoir une capacité attentionnelle limitée en programmant notre organisme à éviter tout type de gaspillage énergétique.

Quant à notre esprit, on ne vous apprendra rien en vous disant qu’il déteste le risque. Or, apprendre implique de s’exposer, d’expérimenter la nouveauté, de s’aventurer sur des terres inconnues voire hostiles. Rien de mieux pour freiner sa motivation. Et s’il y a une chose que notre esprit déteste encore plus que le risque, c’est la défaite. Ne pas perdre est une motivation beaucoup plus puissante que celle de gagner.

Filtre 2 – L’attention

Maintenant que nous sommes motivés à apprendre, il va falloir cultiver notre attention. En effet, aucune compréhension et donc aucun apprentissage ne sont possibles sans elle.

Les leviers de l’attention :

Malgré notre esprit curieux, apprendre nécessite d’être disponible mentalement, or nos neurones sont soumis à de multiples sollicitations sensorielles. Heureusement pour le bonheur de notre cerveau notre attention sait faire preuve de sélectivité. C’est cette sélectivité qui nous permet de rester concentrés sur une tâche malgré les autres informations qui parviennent à notre encéphale.

Comment sélectionner ? C’est très simple, par un acte volontaire. C’est nous qui choisissons l’objet de notre attention. C’est ce qu’on appelle l’attention sélective.

Une attention aiguisée est également corrélée à notre niveau de stress. Une pression raisonnable fait monter le niveau d’attention.

Les freins à l’attention :

On l’a vu précédemment, l’attention nécessite des efforts et dépense de l’énergie. Elle fléchit au bout de 20 minutes donc il faut savoir se ménager des temps de récupération. Loin d’être une perte de temps, bien au contraire, cette pause offre à notre cerveau la possibilité d’imprimer les apprentissages.

En revanche, cette attention ciblée est très souvent interrompue quand un nouvel objet source d’intérêt fait son apparition dans notre champ sensoriel. Et pour cause, l’attention ne capte que ce qui nous intéresse ! Notre cerveau va devoir filtrer et pour ce faire, il va se focaliser sur les émotions. Mais attention, car entre chaque interruption, il y a une déperdition de temps et d’énergie pour refocaliser son attention sur son objectif premier.

Plus l’attention est qualitative et plus l’apprentissage sera performant.

Un apprentissage rythmé, ponctué par des espaces stimulant tour à tour nos sens, notre curiosité, modulant notre niveau de stress, permettra de monopoliser notre attention tout au long de la conférence.

Filtre 3 – La compréhension

Notre cerveau a pour habitude de relier les informations nouvelles qui lui arrivent avec celles qu’il connaît déjà. Sachez que notre cerveau déteste le néant, ainsi il va donner du sens à chaque information apportée par l’attention. C’est la naissance de la compréhension : donner du sens à une information au regard de ce qui est déjà connu. Pour ce faire, le cerveau classe les informations dans des catégories. C’est ainsi que s’élabore l’ossature de notre raisonnement. Donc, si vous me suivez bien, plus on a de connaissances et plus on comprend vite et plus on apprend facilement, d’où l’importance des apprentissages initiaux qui sont les fondations de notre architecture cognitive.

C’est pourquoi comprendre est une puissante motivation. Quand tout à coup la lumière jaillit dans notre esprit « Bon sang, mais bien sûr ! » Qui d’entre nous ne se reconnaîtrait pas dans cette exclamation ? C’est ce que l’on appelle l’identification des schémas.

À l’inverse, apprendre par cœur ne sollicite pas les mécanismes de la compréhension.

Un formateur expérimenté prendra soin de relever les acquis de ses apprenants. Il fixera un cadre lexical pour être compris par tous. Il choisira des explications diverses et imagées sollicitant l’imagination. Revenir sur ce qui a été abordé précédemment est également une méthode efficace. Enfin, n’oublions pas de remarquer les bonnes réponses et de corriger les erreurs sur le champ.

Filtre 4 – La mémorisation

Le mot « mémoire » regroupe en réalité différents systèmes de mémoire.

La mémoire à court terme :

Mémoire de travail, elle est utilisée dans toutes les tâches cognitives.

Comme son nom l’indique, elle ne peut stocker qu’une quantité limitée d’informations et ce uniquement pendant quelques minutes ou quelques secondes. Nous allons solliciter ce système de mémoire le temps d’accomplir une opération mentale.

La mémoire à long terme :

Ici le stockage des informations perdure dans le temps.

Elle est alimentée par 4 sous-systèmes articulés entre eux :

  • La mémoire perceptive qui permet de reconnaître un visage, un son, une odeur.
  • La mémoire sémantique qui évolue dans le monde des concepts et de la connaissance. C’est grâce à elle que nous pourrons donner du sens aux informations mémorisées.
  • La mémoire épisodique, quant à elle, est reliée aux évènements passés.
  • La mémoire procédurale, généralement inconsciente, nous permet d’être habiles dans nos mouvements et structurés dans notre langage.

La mémorisation s’élabore en 3 phases :

Tout d’abord l’encodage qui correspond à l’acquisition de nouvelles connaissances.

Ensuite le stockage qui concerne le volume de la mémoire pour retenir les informations.

Enfin la récupération qui ramène l’information à la conscience quand celle-ci en a besoin.

Mais pour cela, encore faut-il avoir fait preuve d’attention pour que le circuit ne soit pas interrompu en cours de route. En outre, la capacité à se remémorer décline avec le temps ; aussi il est important de réactiver de nombreuses fois les informations reçues. C’est la répétition qui permet de récupérer l’information avec plus de facilité.

Pour consolider l’information il existe deux processus :

  • Le processus de création de liens entre les nouvelles informations et celles acquises par le passé. Pour faciliter la connexion, il incombe à l’apprenant de faire un effort mental.
  • Le processus de réactivation favorise la vitesse de circulation de l’information. Tout se joue grâce à la répétition de l’information sur un court laps de temps.

Le formateur a de nombreux champs d’action pour faciliter la mémorisation. Il peut relier les notions nouvelles avec celles existantes, varier les angles, positionner l’information dans un contexte, faire reformuler son apprenant, lui faire chercher des analogies, multiplier les supports des modes de pensées visuels et auditifs, solliciter le mouvement par le « faire », susciter des émotions.

Filtre transversal – L’émotion

Les émotions sont omniprésentes quand il s’agit d’apprendre. Fonctions ressources, elles nous indiquent qu’il se passe quelque chose d’important pour nous.

Processus inconscient, c’est néanmoins grâce aux émotions que l’attention se mobilise et que la motivation se soulève.

En effet, chaque émotion, quelle que soit son intensité, influence nos perceptions sensorielles et modifie notre façon de traiter l’information. L’émergence d’une émotion perturbe notre attention car elle déplace nos priorités.

Savez-vous que certaines émotions facilitent l’apprentissage alors que d’autres le bloquent ?

Face à un stress excessif, l’apprenant va ressentir une menace et son cerveau va passer en mode survie. La réflexion n’est plus de mise, seuls l’instinct et les réflexes ataviques auront force de loi. À l’inverse, des émotions positives comme le sentiment de sécurité génèrent l’envie d’explorer avec une attention réceptive à la nouveauté.

Le formateur en érigeant un cadre bienveillant, emphatique, chaleureux (sans pour autant être familier) propagera des émotions positives propices à l’apprentissage.

Les avantages pour un formateur à manier les filtres de l’apprentissage :

  • Faire apprendre par plaisir
  • Sélectionner volontairement l’information pour optimiser l’attention
  • Se ménager des temps de pause
  • Donner du sens dans ses apports pédagogiques
  • Faire utiliser les différentes mémoires à court et long terme
  • Focaliser l’apprenant sur ses émotions positives
  • Gratifier les succès et valoriser l’apprentissage par l’erreur

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