Comment faire pour motiver ses collaborateurs et améliorer leur productivité ? En d’autres termes, comment maintenir quotidiennement et sur le long terme, leur plus haut niveau d’implication ? Et si la réponse était toute simple ? Si le meilleur levier de la motivation se définissait en 2 mots : PROGRES et SENS ? Faire des progrès dans une tâche qui a du sens, c’est ce que proposent Teresa M. Amabile, professeur de gestion des entreprises, auteure et Steven L. Kramer, chercheur, écrivain et consultant. Voici en quelques lignes leurs solutions pour tirer profit du progrès et le transformer en actions managériales concrètes.

Le constat

Les auteurs ont observé le comportement d’éminents innovateurs du domaine de la science et de la technologie. Pendant les différentes phases de leurs recherches, ces professionnels sont passés par tous les étages émotionnels : de la peur face à la difficulté, de la déception face à l’échec, de l’enthousiasme face à la réussite. Stimulés par la perspective de répondre à une énigme, de remplir une mission qui a du sens, leur motivation a été portée par les petits et grands progrès au quotidien. Ces progrès provoquent des états émotionnels positifs et soutiennent des valeurs tels que la joie, le bonheur, l’enthousiasme, le respect, l’entraide dans le travail. Ce sont ces forces qui poussent à la réussite et à la performance. A l’inverse, le stress, la peur, les contrariétés, l’inquiétude et les revers viennent entacher la motivation des collaborateurs et, de fait, leurs performances.

Comment encourager le progrès en entreprise ?

Pour encourager le progrès en entreprise, le manager doit commencer par démontrer l’utilité de son travail à son collaborateur. En effet, avoir un travail qui a du sens correspond à un profond désir humain. Le progrès ne sera motivant que dans ce cas de figure. Si le travail est perçu comme inutile ou accessoire, la notion de progrès n’aura aucune importance dans l’échelle de valeurs de celui qui l’accomplit.

Une fois que le besoin de sens sera comblé, il incombera au manager de favoriser les progrès par un positionnement bienveillant.

Prendre conscience de ce qui encourage et décourage le travail

Une personne qui se sent soutenue par sa hiérarchie, autonome et responsabilisée dans son travail se sentira pousser des ailes, celles du progrès. Au contraire, si elle est prise à partie dans un climat conflictuel entre collègues, si elle ne se sent pas respectée, le découragement prendra l’ascendant sur la sensation de progression.

Vous pouvez aider vos collaborateurs à devenir la genèse de leur propre progrès par des actions quotidiennes concrètes.

Offrez-leur de l’autonomie en fixant des objectifs clairs, en leur fournissant les ressources nécessaires à l’accomplissement de leur travail, tout cela en actant des délais raisonnables.

Si chaque soir, en éteignant son ordinateur, la personne constate qu’elle s’est sentie encouragée, respectée, reconnue, et appartenir à un groupe, elle aura une perception positive de son travail.

Ces simples marques de considération participent à donner du sens au travail et à accroître la progression. C’est grâce à cela que la journée se transforme en “petite victoire”…

Alimenter la « boucle du progrès »

Une personne qui, dans son intériorité, se sent bien professionnellement parlant, va rester performante. Se voir performant et constater les répercussions professionnelles de sa performance, nourrit son bien-être intérieur. « La vie professionnelle intérieure stimule la performance ; en retour, la bonne performance améliore la vie professionnelle intérieure ». L’épanouissement de la vie professionnelle intérieure dépend des petites victoires du quotidien. Le manager détient la clé pour améliorer la performance à long terme de l’entreprise et la « vie intérieure professionnelle » des salariés : soutenir ses collaborateurs et leurs progrès quotidiens dans un travail qui a du sens.

Comment réagir face à la difficulté ?

Le monde du travail n’est pas un long fleuve tranquille, nulle n’est à l’abri d’une erreur de commande, d’un retard de livraison, d’une erreur stratégique, d’une panne informatique etc.  Il est toujours possible de gagner des petites victoires malgré les embuches. Le rôle du manager est ici primordial car il est le garant des succès à venir. Une approche malhabile peut faire basculer la motivation et la compétitivité de son équipe. Pour maintenir la progression, il va pouvoir adopter une approche pratico-pratique :

  • Instaurer un climat positif malgré les obstacles.
  • Endosser la responsabilité des situations sans rejeter la faute sur autrui.
  • Identifier les problèmes et ses causes.
  • Développer un plan d’action coordonné.
  • Se tenir informé des activités et des progrès de ses équipes
  • Instaurer et cultiver un climat libre d’expression sans jugement.
  • Donner l’impression que les choses avancent malgré les embuches et les dérives.
  • Écouter et faire preuve de compréhension.
  • Montrer un soutien indéfectible à ses collaborateurs.
  • Tenir informer ses collaborateurs des avancées en toute transparence.
  • Maintenir le niveau d’autonomie et de confiance en se positionnant comme une personne ressource plutôt qu’en « inspecteur des travaux finis ».

Les petites victoires du quotidien n’ont rien à envier aux grands succès. Ce sont elles qui cultivent le positif dans l’esprit des individus. Se gratifier de petites victoires régulièrement et constamment fera de vos salariés des professionnels épanouis, motivés et performants.

 

Points à retenir :

  • Faire des progrès dans une tâche qui a du sens est le meilleur levier de la motivation.
  • Si le travail est perçu comme inutile ou accessoire, la notion de progrès n’aura aucune importance.
  • Les progrès provoquent des états émotionnels positifs et soutiennent des valeurs qui poussent à la réussite et à la performance.
  • Une personne qui se sent soutenue par sa hiérarchie, autonome et responsabilisée dans son travail se sentira en progrès.
  • De simples marques de considération participent à donner du sens au travail et à accroître la progression.
  • « La vie professionnelle intérieure stimule la performance ; en retour, la bonne performance améliore la vie professionnelle intérieure ».
  • Le manager détient la clé pour améliorer la performance à long terme de l’entreprise et la « vie intérieure professionnelle » des salariés : soutenir ses collaborateurs et leurs progrès quotidiens dans un travail qui a du sens.
  • Les petites victoires du quotidien cultivent l’esprit positif et la performance.